« Vous pouvez me dire d'où vient cette entrecôte ? » La question paraît anodine ; c'est pourtant l'un des tests préférés des inspecteurs, et l'un de ceux qui font le plus de dégâts. La traçabilité est une obligation depuis 2005, mais entre ce que dit le texte et ce qu'on croit qu'il dit, l'écart est grand. Mettons les choses au clair.
Le principe réglementaire est celui du « un pas en amont » : vous devez pouvoir identifier, pour chaque denrée, qui vous l'a fournie, quoi, et quand. Concrètement, pour un restaurant qui sert le consommateur final, cela signifie être capable de relier chaque produit à son fournisseur, sa nature et sa date de réception, avec le numéro de lot quand il existe.
Les moyens sont libres : la réglementation n'impose ni logiciel, ni classeur type. Ce qui compte, c'est de pouvoir répondre vite et preuve à l'appui. Vos bons de livraison et factures fournisseurs constituent le socle ; les étiquettes des produits en apportent le détail (lot, DLC, origine).
La question qui revient toujours : combien de temps garder les étiquettes ? Le réflexe sûr adopté par la profession : conserver l'étiquette (ou sa photo) tant que le produit est en cuisine, et jusqu'à ce que le plat qui l'utilise soit consommé et son délai de recul passé. Pour les viandes notamment, l'étiquette porte les marques d'identification et numéros de lot dont vous aurez besoin en cas de rappel de produit ou de TIAC.
Le piège classique : l'étiquette part à la poubelle avec l'emballage au déconditionnement. À partir de là, votre entrecôte n'a plus d'origine, votre reblochon n'a plus de lot, et votre traçabilité a un trou exactement là où l'inspecteur va creuser.
Le jour du contrôle, la vérification est concrète. L'inspecteur choisit un produit, dans votre frigo ou sur votre carte, et déroule :
Si la réponse demande dix minutes de fouille dans un carton d'étiquettes grasses, le message envoyé est désastreux, même si tout finit par être retrouvé. La traçabilité s'évalue autant à la vitesse de réponse qu'à l'existence des preuves.
Une traçabilité qui ne permet pas de répondre en deux minutes n'est pas une traçabilité, c'est une archive.
Le classeur à étiquettes scotchées fonctionne sur le papier et s'effondre en plein rush : personne ne scotche une étiquette pendant le coup de feu. La méthode qui survit au quotidien réel tient en un geste : photographier l'étiquette à la réception ou au déconditionnement. C'est exactement le principe du module Traçabilité de Marco & Co : une photo depuis la tablette, et l'origine, le lot et la DLC sont enregistrés, datés et retrouvables en quelques secondes par une recherche. En prime, chaque produit tracé est automatiquement croisé avec les rappels officiels RappelConso.
La traçabilité n'est pas une lubie administrative : c'est le mécanisme qui permet, quand un produit se révèle dangereux, de savoir en quelques minutes si vous êtes concerné, ce que vous en avez fait et ce qu'il faut bloquer. Un établissement incapable de dire s'il a servi le lot rappelé doit raisonner au pire cas ; celui qui trace répond précisément, agit vite et le prouve.
La loi vous demande de savoir répondre : quel produit, quel fournisseur, quelle date, quel lot. Gardez vos bons de livraison, conservez vos étiquettes (ou photographiez-les au moment où elles passent entre vos mains), étiquetez tout ce qui est entamé ou transformé. Et jugez votre système sur un seul critère : le temps qu'il vous faut pour répondre à la question de l'entrecôte. Deux minutes, c'est une traçabilité. Dix, c'est un chantier.
Photographiez l'étiquette, Marco HACCP garde l'origine, le lot et la DLC, retrouvables en secondes et croisés avec RappelConso.